Villeret2

 

Enfance

Loches

   Loches. Indre et Loire. Charme de la Touraine du Sud,avec ses ruelles historiques et ses trésors architecturaux.

 

 

   Pourquoi quitter ce havre de paix, ce lieu ou il fait si bon vivre. Pourquoi ? par passion sans doute. Ce fut le cas d'un certain Jacques Villeret....

   Il naquit à Loches le 6 Février 1951. 

   Natif de Loches mais enfant de Tours.C'est à Tours que travaillait son père en tant qu'agent technique dans un lycée, alors que sa mère Annette, était coiffeuse dans un salon de la rue de la République, à Loches.

   Tours fut la ville de ses premiers émois et de ses premières découvertes : le vélo, qui lui provoqua quelques difficultés, car c'est avec énormément de peine par exemple qu'il grimpait la côte de Manthelan.

   Plus tard le tennis où il s'imposa de main de maître. Et le goût du football aussi ! supporter infatigable. et puis la pêche !

 

Photo classe villeret

Ecole primaire

 

   Vers l'âge de sept ans, sa décision était prise, lui serait acteur !  il se voyait tout simplement sur scène. C'est là qu'il voulait être, c'est là qu'il serait. Bref, il n'y avait pas à tergiverser ; l'enfant de Loches monterait sur les planches d'une manière ou d'une autre.

"J'étais un enfant énormément timide ", convint-il. Cette même timidité ne lui servit-elle pas comme moteur ? Concrétement qu'est-ce que cela voulait dire devenir comédien ? " Etre comédien dans ma tête, c'était vraiment un métier comme un autre". Suivre des cours au Conservatoire de Tours et de là entrer dans le métier. "Je lorgnais du coin de l'oeil la Comédie de la Loire en me disant : je serai dans cette troupe " Ce ne fut que plus tard qu'il songea au Conservatoire de Paris qui dans le meilleur des cas, l'amènerait à la Comédie Française ou une troupe équivalente. La famille agrandie par la présence d' une petite soeur, s'étant installée à St Pierre des Corps, banlieue ouvrière de Tours, sa scolarité se poursuivit au lycée Descartes de Tours. Etablissement prestigieux. Le corps professoral peut s'enorgueillir de la présence de Léopold Sédar Senghor, Pierre Verdier, Maurice Halbwachs, entre autres.

   Entamant la marche qui devait le mener sur les planches du plus célèbre théâtre de France, Monsieur Villeret Jacques s'en alla s'inscrire au Conservatoire de Déclamation de la Ville de Tours. Et de se rendre au 2 ter rue du Petit-Pré. Le nouvel élève surnommé Jacky s'imposa comme un comique et étonna ses condisciples. A tout juste 15 ans, Jacques Villeret, dans le rôle de Jean de la lune de Marcel Achard, exécuta une prestation très réussie. Résultat : un premier prix en comédie classique et un premier prix en comédie moderne. Une récompense qui, pour lui, sonna comme un signal de départ.Il devait se rendre sans tarder à Paris. Ses parents mirent le holà à ce juvénile empressement et lui rappelèrent sa promesse du " passe ton bac d'abord". Deux ans à attendre... c'est long quand on est dévoré par le feu de la passion...


Phot de classe terminale

Terminale A

   Le Bacccalauréat se profila enfin. Après s'être échiné sur la philosophie, l'histoire, la géographie et cette ribambelle de matières..., il n'eut plus qu'à attendre les résultats. Ils tombèrent dans les premiers jours de Juillet : gagné ! Il avait son diplôme en poche et pouvait désormais se lancer dans la grande aventure. A nous deux Paris.

A nous deux Paris !

   Te   L'idée d'entrer au Conservatoire le tiraillait toujours. Il découvrit à cette occasion, que cela s'appelait officiellement Le Conservatoire National d'Art Dramatique. Il savait que bien des acteurs et non des moindres étaient sortis de là. Dont Jean-Paul Belmondo,Jean Pierre Marielle, Jean Rochefort, Michel Galabru,Claude Rich, Michel Aumont, Bruno Cremer, Victor Garrivier, Jacques Sereys...qui tous allaient devenir ses partenaires, dans les années à venir.

Boulevard p2riph2rique

  " Le cours Simon ". Sans trop savoir à quoi s'attendre, Jacques s'y rendit avec la ferme intention d'assister à l'enseignement prodigué par Michel Simon.

   Qu'elle ne fut pas sa déconvenue, quand il constata qu'en lieu et place de Michel Simon, entra un certain René Simon dont il n'avait jamais entendu parler. Et il est parti ! 

   Dommage, car ce René était une sommité dans l'enseignement de l'art dramatique. Il se retrouva chez Marcelle Tassencourt, comédienne qui possédait sa propre troupe et excellait dans la mise en scène, y compris à la Comédie-Française. L'apprenti comédien se sentit très à l'aise avec elle, car elle le mit presque immédiatement sur les planches dans le cadre de matinées classiques.

Marcelle tassencourt    

 Marcelle Tassencourt

   Allons-y pour répéter le concours d'entrée. Villeret travailla beaucoup avec Chesnais qui lui donna la réplique. Jacques se présenta dans le saint des saints au milieu d'une foule de prétendants, exécuta sa petite prestation et fut remercié au bout de quelques secondes. les honorables membres du jury n'avaient pas de temps à perdre.

Chesnais patrick

   Verdict : reçu !

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                 

    Patrick CHESNAIS

   En septembre, il intégra cette école avec la décontraction de l'inconscient qui considère tout cela comme parfaitement naturel. " Je trouvais tout normal, c'était le métier que j'avais choisi, il n'y avait pas de raison que ça ne marche pas" . En ce début de l'année 1970, le Conservatoire était en pleine mutation. D'un côté, la poussée de Mai 1968 visait à supprimer le concours de sortie et à renouveler des cadres. De l'autre, des partisans défendaient le respect d'une tradition. Plusieurs professeurs songeaient à prendre leur retraite. C'était le cas de Louis Seigner. Il avait hérité de la classe de Jean Yonnel et professait depuis 1962. Jacques Villeret, pour sa part, fut marqué par le premier cours du maître. Il mit les choses au point; d'entrée :

   "Mes enfants, claironna-t-il, ce n'est parce que vous êtes entrés au Conservatoire qu'il faut avoir la grosse tête. Ce n'est pas parce que je vous ai choisis, que vous allez faire carrière. Ce n'est pas un métier, c'est une aventure." Cela n'altéra en rien la fougue de cette joyeuse équipe.

   Dés le départ, Villeret fut ravi de retrouver son camarade de la compagnie Marcelle Tassencourt, Francis Perrin.

     Jacques Villeret

J villeret 2

  Francis perrin2 Francis Perrin se souvient de l'une des entrées en scène de Jacques Villeret : " Jacques entrait en scène avec une flûte de pain ( pas de Pan ! ), prenait un très long temps en regardant le public avec son oeil bleu naïf et, enfin, finissait par dire : " je vais vous jouer un concerto pour flûte à quatre notes..." Il reprenait un temps interminable en ouvrant la flûte de pain en deux et, montrant l'intérieur, il disait lentement : " Là, vous avez la mi(e)..." Et montrant la croûte : " Et là, do ré."

   Après deux années passées au Conservatoire, il put, au même titre que ses camarades, se présenter à son premier concours de fin d'année. L'occasion pour lui d'être remarqué par la critique, dont Maurice Rapin du Figaro: " Si Dussolier fut le plus parfait de cette première journée, les concours nous ont révélé quelques autres natures, en particulier Jacques Villeret, une rondeur d'un naturel extraordinaire, sympathique et savoureux qui lui aussi déclenche des rires sains, avec une étonnante économie de jeux de scène, dans le rôle en patois du Dom Juan de Molière." Jacques Charon et Jean Paul Roussillon, personnages influents de la Comédie Française firent des pieds et des mains pour accueillir le Tourangeau, mais ils se heurtèrent à un non catégorique et définitif de Pierre Dux. " Il disait que j'avais l'apparence de quelqu'un de truculent mais que j'étais davantage un comique de tête que de ventre. Je lui en ai voulu...en même temps, ce n'était pas faux. Je ne suis pas très doué pour la grosse rigolade, ce ne sont pas des rôles qui me fascinent." Il ne restait plus pour Jacques Villeret qu'à voler de ses propres ailes...

 

                                                                                                                                                                                                                                      Pierre DUX
Pierre dux

1972.

   Jacques Villeret en était encore à sa deuxième année de Conservatoire qu'il apprit l'arrivée dans les lieux d'un jeune cinéaste au passé déjà sulfureux : Yves Boisset. En clair, il recherchait de jeunes acteurs, pas trop chers, pour former le gros du casting de son prochain film. R.A.S.Le sujet en était des plus brûlants puisqu'il traitait de la guerre d'Algérie. Il repartit avec :Jacques Spiesser, Jacques Weber, Jacques Villeret, Jean-François Balmer.Résumé : des appelés qui n'ont aucune envie de faire la guerre se retrouvent dans un bataillon disciplinaire. Ils vont devoir af

fronter l'acharnement militaire, la bêtise en uniforme et l'horreur de la guerre... La sécurité militaire française mit tout en oeuvre pour geler le tournage. Non sans mal, Yves Boisset parvint à terminer son film. R.A.S. n'avait pas fini de faire parler de lui, il ne put sortir que le 15 Août 1973, l'une des pires dates qui soient. Des militants d'extrême droite jetèrent des bombes et des grenades dans la salle, plusieurs municipalités interdirent sa projection et la polémique alla bon train.

   Un peu plus de deux ans plus tard, Boisset fit de nouveau appel à lui pour un autre film dérangeant : Dupont-Lajoie.

​          Yves Boisset

Yves boisset 1

 

 

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Date de dernière mise à jour : 17/04/2019