Jean de La fontaine

Conteur, et homme à femmes

 

J de la fontaine 3

vingt ans, il entre avec son frère cadet Claude à l'Oratoire de Paris pour y étudier la théologie. Aux pieux, écrits de Saint Augustin, il préfère très vite L'Astrée, d'Honoré d'Urfé, Rabelais et le grand poète Malherbe, mort sept ans après sa naissance.

Décidément, ni la soutane, ni la robe d'avocat ne sont pour lui. Le jeune Jean de La Fontaine ignore encore qu'un jour on le célèbrera comme étant le plus grand fabuliste du royaume de France. Il l'ignore, mais son coeur bat déjà pour la poésie. Pour l'heure, Jean ne songe ni à faire fortune, ni à la gloire, mais seulement à profiter des plaisirs de la jeunesse et de l'amitié. Car si les études, n'ont pas tracés sa voie, au moins lui ont-elles apporté des amitiés inaltérables, celle de Paul Pelisson, homme de lettres et surtout François de Maucroix, futur chanoine de la Cathédrale de Reims. Nostalgique, Jean retourne rue des Cordeliers, dans l'hôtel particulier de Château-Thierry où il est né et où résident ses parents Charles et Françoise, née Pidoux. Son père Charles y exerce la charge de " Maître des eaux et forêts " du duché de Château Thierry. Jean apprécie la campagne. Enfant il aimait suivre son père dans son travail à travers les forêts, le long des rivières et des étangs. Il s'y gorgeait d'impressions et d'images délicates qui serviront plus tard de trame ses Fables. Il les restituera avec une sensibilité et une finesse extrême. Sa vie durant, Jean aimera toujours parcourir à cheval les doux paysages de sa Champagne natale.

Mais pour l'heure la fougue de sa jeunesse réclame autre chose. A Chateau-Thierry, on le voit plutôt en galante compagnie dans les bordels, ou dans les prés, occupé à trousser de jolies bergères, ou encore dans les maisons bourgeoises à séduire les femmes de notables. Jean porte beau, est cultivé et a le verbe si charmant qu'il parvient même à se faire apprécier des maris, dont il culbute les épouses. Il se taille rapidement une réputation de coureur de jupons.

Un jour, il tente d'ajouter à ses victoires madame Rousselet, femme du lieutenant du Roi de Château ThierryMais la belle se refuse; il insiste; elle persiste à ne pas lui céder. Toute la ville se gausse de son échec. Son père pense alors qu'il est temps pour son fils de se ranger en prenant femme. Quoiqu'il est grandi dans une certaine aisance, Jean ne possède ni fortune ni revenus qui puissent lui en assurer une. Au mieux reprendra-t-il la charge de son père trop modestement rémunérée. Charles de La Fontaine se met donc en quête d'une jeune fille ayant une dot conséquente à poser dans la corbeille de mariage. Jean laisse faire. Il en est ainsi depuis la nuit des temps, les mariages sont affaire de contrat et non d'amour.

C'est ainsi qu'à l'âge de 26 ans, il épouse Marie Héricart, qui n'en a que 14 et se trouve être la cousine d'un certain Jean Racine qui deviendra un célèbre dramaturge. Marie est jolie et cultivée et apporte une belle dot à La Fontaine.Le 10 novembre 1647 cette union est scellée d'un contrat de mariage chez maître Thierry François notaire à la Ferté-Milon, alors que sa mère décède. A cette occasion, Claude, le frère cadet de Jean renoncera à toute future part d'héritage, en échange d'une rente versée annuellement par son ainé. Jean goûte un temps aux charmes de sa jeune épouse. Il se montre bon amant et mari attentif, mais c'est un libertin dans l'âme, et la jeunesse de son épouse ne suffit bintôt plus à le retenir. La vie conjugale est un lien trop lourd pour ce rêveur. Il n'est pas fait pour ce genre de fidélité, et repart très vite pour la capitale, ses salons littéraires et les jupons des belles séduites par son esprit autant que sa prestance.

J de la fontaine 1Marie en souffrira peu. Elle est jeune, coquette,charmante, romanesque et pas plus impliquée dans le mariage que son époux. De même n'a-t-elle pas plus la fibre maternelle que Jean, la fibre paternelle. En 1653, après la naissance de leur unique enfant, Charles, ils le confient à son parrain le fidèle ami François de Maucroix, qui l'élèvera comme son fils. Marie se console des infidélités de son poète dépoux en se faisant conter fleurette par de nombreux soupirants. Et ça s'apprend. Les bonnes âmes s'empressent d'avertir Jean, mais il réplique que son épouse est plus en sécurité ainsi entourée, que seule en sa demeure. On lui fait clairement savoir que son épouse le fait cocu avec le capitaine Poignant. Jean hausse les épaules : Ma foi, qu'il fasse ce qu'il pourra, je m'en moque. On le presse de laver son honneur, on le pousse au duel. C'est un homme, que diable !

Jean et le capitaine Poignant finissent par se retrouver dans un pré aux abords de la ville, une épée à la main et leurs témoins à leurs côtés. Autour d'eux, des dizaines de Bourgeois et bourgeoises attendent que le sang lave la morale bafouée. Les deux adversaires sont convenus d'arrêter le duel au premier sang. Cependant parmi les femmes présente, quelques-unes espèrent secrètement qu'il recevra une blessure à la mesure de leur humiliation. à suivre...

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Date de dernière mise à jour : 10/09/2020