Dian Fossey

La femme qui vivait avec les gorilles...

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UNE PRIMATOLOGUE AMERICAINE DIAN FOSSEY A CONSACRE SA VIE AUX GORILLES.

 

Une adolescente solitaire

Avant de s'intéresser aux gorilles, le premier animal auquel Dian Fossey prête attention est un poisson rouge. Née le 16 janvier 1932 à San Francisco, elle vit une enfance malheureuse et reporte tout son amour sur le seul animal présent à la maison.

" Ses parents divorcent quand elle a 6 ans et sa mère se remarie avec un homme d 'affaires qui se montre très dur avec elle, explique Jean-Philippe Nöël, auteur de : Ces animaux qui font l'histoire, dans lequel il consacre un chapitre à Dian Fossey. " Il lui est interdit par exemple de manger à table avec eux et Dian se renferme sur elle-même. " L'adolescente comprend vite qu'elle doit quitter le foyer pour s'épanouir.

Elle entame des études de comptabilité, qu'elle abandonne ensuite pour devenir vétérinaire, elle qui a déjà conscience qu'elle vivra toute sa vie entourée d'animaux. Ses lacunes en sciences l'obligent à abandonner cette voie et elle se tourne vers l'ergothérapie. A 22 ans, tout juste diplômée, elle part dans le Kentucky où elle est embauchée dans un hôpital pours enfants. Si le métier ne la passionne pas plus que ça, elle se lie d'amitié avec l'une de ses collègues, Mary White, une femme fantasque et rêveuse qui lui propose de l'accompagner pour un safari au Kenya. Dian refuse par manque d'argent, mais cette rencontre provoque chez elle un déclic.

Sans expérience mais avec du culot

Trois ans plus tard, elle emprunte l'équivalent de trois ans de salaire pour s'offrir un premier voyage qui l'enmène pendant six ans au Kenya, au Rwanda et Tanzanie. Elle découvre avec émerveillement, les animaux sauvages qu'elle admirait jusqu'ici dans les livres...

Elle a dressé avant de partir une liste de personnes importantes qu'elle souhaitait rencontrer, indique Jean-Philippe Noël, Sans expérience et avec un certain culot, elle a frappé à leur porte pour leur demander de l'enmener voir des gorilles. " La jeune aventurière fait ainsi la connaissance du photographe britannique Alan Root et surtout de Louis Leakey, célèbre primatologue kényan à l'origine, quelques années plus tard, de la création des " Trimates ", un groupe de trois chercheuses à qui il demande d'étudier des grands singes. " Leakey est persuadé qu'il faut faire observer les primates par des femmes car elles sont plus sensibles, explique Jean-Philippe Noël. Il charge la Britannique Jane Goodall d'étudier les chimpanzés en Tanzanie, la Canadienne Biruté Galdikas est quant à elle envoyée en Indonésie pour côtoyer les orangs-outans. Manque quelqu'un pour les gorilles. De retour aux Etats-Unis, Dian découvre que Leakey anime une conférence près de chez elle.Elle s'y rend et le supplie de lui confier la mission. Le scientifique, frappé par la détermination de la jeune femme, finit par accepter qu'elle fasse partie de ce trio totalement inédit.

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Elle s'installe dans la forêt

En 1966, Dian Fossey alors âgée de 34 ans, se rend d'abord au Congo, mais un coup d'Etat l'oblige à quitter le pays. Persuadée qu'elle a choisi le meilleur endroit pour observer les gorilles, elle reste au pied des montagnes des Virunga, mais installe cette fois son camp côté Rwanda.

Dian fossey10Les débuts sont difficiles. Hypocondriaque et d'une santé fragile, Dian met plusieurs semaines à s'habituer à cet environnement hostile. Elle quitte, rapidement sa tente pour s'installer dans une petite maison en bois et commence ses travaux financés par la National Géographic Society. Jamais aucun humain n'est parvenu à s'approcher si près des animaux. Lorsqu'elle les observe, Dian se place à une bonne distance afin de ne pas influencer leur comportement. " Elle va changer le regard de millions d'hommes et de femmes sur ces primates, encore associés au méchant King Kong, souligne Jean-Philippe Nöel. En scrutant leur fonctionnement en groupe, leur mode de communication et leur personnalité, elle prouve qu'ils sont doués d'intelligence et de sensibilité ". Encore plus insensé, la scientifique se lie d'amitié avec ses protégés comme peanuts, qui lui tend la main sur ce cliché pris par le photographe Bob Campbell (qui deviendra son amant), ou encore Digit, son préféré, un beau spécimen d'environ 5 ans, probablement orphelin de mère.Dian fossey4

Sa mort reste un mystère

Cette nouvelle plonge Dian dans un profond désarroi. La primatologue qui, à 40 ans passés, a décroché un doctorat en zoologie à l'université de Cambridge, commence alors une nouvelle vie. " Il y a un an et un après Digit, explique Jean-Philippe Noël . Dian, qui se considérait jusqu'alors comme un scientifique, se transforme en activiste, militante et gardienne des gorilles. Elle mène des campagnes parfois violentes en mettant le feu à des villages." Un combat qui la conduira à sa perte. Le 27 décembre 1985, son corps est découvert dans sa petite maison. Dian a été assassinée à coups de machette. Trente ans plus tard, le meurtre n'a toujours pas été élucidé. Quand elle est morte, 350 gorilles vivaient dans ces montagnes, précise Jean-Philippe Noël. On en recense aujourd'hui plus de 600. Si les gorilles ne sont plus pourchassés, c'est grâce à elle. Dian Fossey repose, selon sa volonté à Krisoke, à côté de la tombe de Digit et au milieu d'autres gorilles.

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Sa fondation, Dian Fossey Gorilla Fund, continue de venir en aide à ces primates qu'elle a contribué à réhabilité.

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Date de dernière mise à jour : 17/05/2020